Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
desmotsdebrie

Atelier d'écriture créative, écriture partagée, en groupe, littérature, poésie, nouvelles, apprentissage techniques d'écriture,exemples de contrainte d'écriture

Chaque jour qui passe me rapproche d'elle

Alexandra David-Neel

Alexandra David-Neel

 

Chaque jour qui passe nous ouvre les yeux. C’est ainsi que se passe la vie. Quand la nostalgie s’installe, le regard résiste et pourtant, il faut l’admettre, tout a changé. Rien n’est plus pareil, il faut faire avec.

Comme les autres, je n’ai pas échappé à cette règle. Mais tapi au fond de ma mémoire persiste cet après-midi d’automne où cachée au fond d’une bibliothèque j’ai fait la rencontre d’une écrivaine incroyable. Et moi, qui déteste le culte de la personnalité, j’entrai dans cet univers spécial où l’envie de ressembler à une autre arrive au fil des pages. Que n’aurais-je pas fait pour la rencontrer, et pourtant je l’avais ratée de peu, nous étions en 1973 et en 1967, elle avait rendu son âme. Pour moi ce fut une découverte que j’enfouissais illico dans mon havresac.

Contrairement à ce que je pensais, je me disais que cette folie allait passer. A cette époque, les idoles étaient monnaie courante et chaque semaine, un nouveau nom, un nouveau visage succédait à un autre. Oui mais ça, c’était dans le monde de la chanson. Là je découvrais une écrivaine, une exploratrice, une philosophe. Une vieille femme minuscule au regard sombre et peu avenant. Ses mots me parlaient, ses phrases tournaient en boucle dans ma cervelle et  s’insinuaient dans mon être. Je vécus longtemps intensément avec elle et puis, la vie se fit. Les relations s’espacèrent. Je ne me rendis  pas compte que j’avais absorbé sa philosophie en vrac.

Cachée au fond de moi, elle revenait de temps en temps pour alimenter la rébellion qui couvait  contre tous les maux de la terre. J’avais été une enfant et une adolescente facile, à mon avis. Devenue femme, les ennuis commencèrent avec les mots incisifs, révélant parfois une colère enfouie. Toute ma vie, Alexandra fut mon amie. Avec ses vérités et ses exagérations. Avec sa détermination et son courage. J’ai toujours pensé que jamais je n’aurais pu faire et dire toute sa philosophie même si je l’avais voulu, et pourtant, c’était une femme d’un autre temps. Malgré tout, il reste une admiration certaine pour elle et je m’efforce de lui rendre hommage dès que je peux. Sans choc.

Cela ne lui aurait pas plu. Hurler à la lune, disait-elle  ne sert à rien. La solution est en nous mais dire les choses, il faut. Mais plus le temps passe, plus les forces diminuent et plus nous avons besoin d’ouvrir le bec

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article