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desmotsdebrie

Atelier d'écriture créative, écriture partagée, en groupe, littérature, poésie, nouvelles, apprentissage techniques d'écriture,exemples de contrainte d'écriture

Ioda et son ami Gimli

Ioda et son ami Gimli

 

Gimli nous a fait faux bond depuis quelques mois, mais le revoilà avec les beaux jours. Se croyant à l’abri des regards, il se promène sans gêne au fond du jardin, parmi les grands arbres fruitiers. Point de présence menaçante, alors il s’approche par petits sauts de l’allée fleurie qui borde le potager.  Je le surveille de loin. Il va de ci, de là, guette les alentours et rentre sans vergogne dans ce lieu chéri de maman.

Soudain arrivé aux pieds des immenses feuilles de rhubarbe il s’arrête. Est-ce le bonhomme chapeauté qui le fixe de ses grands yeux noirs le fautif ? Très certainement il est si peureux.  Il s’affole et en poussant de petits cris, il se sauve parmi les fleurs et les hautes herbes avoisinantes. Je souris d’aise derrière la vitre de la porte fenêtre du salon. Tiens, tiens, lui aussi a eu peur.

N’entendant aucun bruit de poursuite, il interrompt son échappée. Aucune ombre suspecte ne le suit. Gimli redevient courageux devant ce manque de réaction et revient sur ses pas prudemment. Il guette l’impressionnant énergumène qui n’a toujours pas bougé. Vêtu d’une chemise à carreaux rouges et noirs, d’un jean bleu tout rapiécé et d’un tablier à bavette noir. Le chapeau de paille à large bord qui le coiffe est bien amoché, il pendouille même légèrement vers la gauche. Le gaillard domine les rangs de terre boursouflés bien rectilignes et chaperonne la pousse encore discrète des prochains légumes. De plus en plus audacieux devant cette immobilité rassurante, notre visiteur s’enhardit et s’avance allègrement. Moi, je piétine nerveusement derrière le vitrage retenant difficilement mes gémissements d’appel.

« Eh ! Copain ! Gnoufff ! Comme j’aimerais te rejoindre. »

Soudain il s’arrête, regarde autour de lui, m’aurait-il vu ou senti ? Aurait-il surpris un léger mouvement du côté du zigoto au chapeau.  Il s’écrase au sol et voit tout comme moi, avec stupeur, les deux bras de l’olibrius frémir, les jambes du pantalon gigoter. Je sursaute et lui fait un bond et détale pour se cacher sous les planches disjointes de la cabane où les outils du jardin de maman s’entassent dans un désordre inimaginable. Il se fait tout petit et demeure coi. Je le devine prudemment tapi. Je geins d’impatience.

« Gnifff ! Gnoufff ! Eh ! Copain ! »

Point fougueux notre petit Gimli, il sait attendre. Il écoute le silence, juste un léger murmure de la brise tiède dans les ramures, des bourdonnements d’abeilles et les gazouillis des emplumés animent le tableau auditif. Rien du côté du bipède chapeauté. Alors, il s’aventure timidement sur le seuil de la remise, je vois son petit museau frémissant qui hume l’air. L’odeur des noix et des graines de tournesol de la boîte à friandises doit lui chatouiller les narines. Il admire envieux les impétueux passereaux qui virevoltent autour du quidam et qui dévorent les graines offertes dans les coupelles.  Comme moi, il sait qu’au moindre frémissement de ce dernier, de leurs ailes alertes ils se mettront hors de sa portée. Ils sont si vifs.

Astucieux, il change de tactique et décide de prendre à revers ce géant. Le voilà qui s’approche subrepticement en rampant et se cachant derrière les hautes herbes. Il est à quelques sauts de ses trésors quand il découvre que l’affreux bonhomme n’est autre que Félix l’épouvantail de maman.

« Wouaf  ! Eh ! Gimli, tu ne risques rien, Félix fait plus peur que mal. »

Rassuré Gimli, notre écureuil furète alors allégrement dans le potager de maman. Il ouvre la boite à couvercle mobile, trouve les noix et les graines de tournesol qu’il s’empresse de décortiquer et de grignoter.

Moi, je suis prisonnière à la maison, c’est injuste ! Indignée je le fais savoir : Wouaf ! Wouaf !

 

 

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Michel HOUÉ 12/05/2021 21:32

C'est toujours un plaisir de lire la nouvelle petite histoire !
Merci Catherine.