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desmotsdebrie

Atelier d'écriture créative, écriture partagée, en groupe, littérature, poésie, nouvelles, apprentissage techniques d'écriture,exemples de contrainte d'écriture

Ioda et les giboulées

Ioda et les giboulées

« Les giboulées sont là, ohé ! Ohé !

Volent au vent les petits nuages blancs ;

Orages et calmes se succèdent inlassablement.

Les giboulées sont là ! Ohé ! Ohé ! »

Une nouvelle saison pointe ses humeurs et pour moi ce sont d’autres plaisirs qui se présentent. Les journées s’allongent et mes balades aussi. Le soleil se tiédit et la campagne s’illumine de couleurs et de senteurs. Les nuages blancs courent sur le bleu délavé du ciel, se grisent, s’épaississent pour devenir noirs quand la tempête éclate. Elle est violente mais ne dure pas longtemps. De vives lumières égratignent l’atmosphère aux sons étourdissants des roulements de tambour. Mais je n’ai pas peur ! Puis le soleil réapparaît, chasse la grisaille et enflamme la nature. Il dessine des arcs aux sept couleurs sur la voûte céleste. La légende veut qu’un trésor se trouve aux pieds de ces arcs…

L’avez-vous trouvé ?

Maman n’y croit pas vraiment, mais elle m’amène, tout de même avec elle dans cette quête.

Nous admirons Dame Nature qui règne en reine sur tous ces trésors : Les cerisiers tout de blanc et de rose vêtus, les fleurs printanières aux vives couleurs, les infatigables abeilles et les virevoltants papillons, sans oublier les pimpantes mésanges et le turbulent écureuil.

Quel plaisir ! La truffe au vent ou au sol sur une piste, rien n’est plus beau et stimulant pour moi que de déguster toutes ces couleurs, ces senteurs et ces rumeurs.

C’est la vie ! La flore et la faune à l’unisson chante la bienvenue au printemps.

Gouttes et gouttelettes de pluie, la campagne se mouille et se noie en ce mois de mars. Me voilà en grand désarroi, ma robe noire en est toute imbibée et mes poils pleurent de chagrin de se voir salis et gouttant sur le chemin. Mes coussinets pataugent et s’enfoncent dans la boue en y laissant leurs empreintes. Ils frappent l’eau des flaques et giclent mon ventre. Ce bain de boue fraîche fera-t-il l’affaire pour un bon masque de beauté raffermissant ? J’ai des doutes.

Il est tellement plaisant de me promener avec ma maman dans la campagne que je ne rechigne jamais quand elle me propose une sortie même par temps pluvieux. Elle m’assure que l’eau de pluie est idéale pour la beauté de mon poil et comme j’ai une confiance absolue en elle, j’accepte la flânerie et je prends la pluie.

Ce ne sont pas les gouttes, gouttelettes qui me feront peur, elles cinglent mes iris couleur châtaigne, je clignote des yeux pour les chasser. Je galope, me rue dans les petites mares, elles m’éclaboussent et me barbouillent ; je me secoue pour les projeter sans égard sur ma maman.

« Vilaine ! Nous voilà toutes les deux transformées en serpillières dégoulinantes et toutes crottées. » Me gronde-t-elle sans conviction, se rappelant le temps où elle faisait de même avec ses frères. Puis ravie de notre balade, elle chantonne :

« Les giboulées sont là ! Ohé ! Ohé

Gouttes, gouttelettes de pluie adorées

Le bonheur, nous l’avons trouvé. »

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G
Très beau texte, bravo !
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D
Merci.