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desmotsdebrie

Atelier d'écriture créative, écriture partagée, en groupe, littérature, poésie, nouvelles, apprentissage techniques d'écriture,exemples de contrainte d'écriture

Pensées d'hiver

Pensées d'hiver

Je me souviens que dans un temps qui me parait lointain, nous passions des hivers blancs. Pas des hivers gris et mouillés. La nature brillait sous le froid et la blancheur.

Les vieux de l’époque disaient en se frottant les moustaches que c’était un bon temps.

Puis, ma jeunesse active m’a fait détester ces hivers là.

Une autre époque s’ouvrait qui faisaient croire aux ruraux que vivre comme en ville était le comble du bonheur. Et nous, les enfants de paysans et de vignerons, attirés par les lumières du cinéma, des musées et autres manifestations avons oublié les hivers. Nous avons aussi oublié les jardins dont nous n’avions plus le temps de nous occuper, calfeutrés dans des appartements exigus et surchauffés ou de vastes maisons dortoirs dans des lotissements endormis la journée. La vie intérieure n’était plus dans la contemplation de la nature froide qui nous empêchait de sortir nos voitures sans difficultés.

Les hivers blancs nous ont oubliés sous l’assaut des pesticides, des insecticides et autres « cides » qui nous ont confisqué la simplicité.

Bien sûr, les hivers ne se sont pas laissé faire et quelques assauts passagers et rudes ont rappelé à l’ordre cette génération qui avait effacé et  omis de transmettre à leur progéniture  qu’autrefois les hivers à la campagne ne faisaient pas grogner. Nous avons rangé les gros pulls, les grosses chaussettes et même les chaussures dont la culture américaine nous soufflait que c’était « ringard ».

Avec le temps, nous avons cru que ce temps là était fini. Et aujourd’hui, privés de cinéma, de musées, de concerts, de magasins où dépenser à tout va pour nous « désennuyer », la nature nous rappelle à l’ordre.

L’hiver est revenu, pour quelques jours, froid, soufflant son vent d’Est, répandant ses gelées, s’imposant, s’incrustant et nous grelottons des pieds dans nos socquettes de ville : froid aux pieds et dans l’âme. Froid dans l’âtre qui n’existe plus. Habitués à papillonner, été comme hiver, l’immobile nous pèse et pourtant, le hérisson dort comme le loir, la marmotte ou l’ours.

Ils ont gardé la sagesse que nous avons perdue. Elle est là sous nos yeux aveuglés par la lumière des magasins qui éclairent les rues des villes, gaspillant la nuit.

Et nous, qui soi-disant les aimons tant ces animaux, qu’attendons nous pour faire comme eux : dormir le temps d’une saison pour qu’elle s’accomplisse, laisse sa place aux beaux jours pour nous permettre de cueillir les pensées de printemps ?

 

 

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D
J'adore !!! En plus si près de mes pensées.
Et maintenant que les beaux jours pointent leur nez, sachons les accueillir avec le sourire et l'espoir
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