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desmotsdebrie

Atelier d'écriture créative, écriture partagée, en groupe, littérature, poésie, nouvelles, apprentissage techniques d'écriture,exemples de contrainte d'écriture

Enfin le mois de février!

Enfin le mois de février!

Enfin le mois de février !

 

En hiver, l’atmosphère douillette et endormie de la maison me convient parfaitement, mais quand arrive février c’est avec plaisir que je me laisse emporter par la fébrilité qui me secoue et me fait sortir de mon hibernation. Sur le calendrier qui pend sur la porte du frigo, trois dates sont surlignées en rouge, sans annotation. Pas la peine ! Je sais ce qu’elles signifient.

Le 2 février, c’est la chandeleur… Les crêpes. Hum ! Un délice, dommage que maman ne soit pas plus généreuse. Pour moi quelques petits morceaux de crêpes nature, il paraît que je ne dois pas grossir. Pourtant elle, elle ne se prive pas, les kilos ne l’effraient pas apparemment. Confitures maison, sirop d’érable dégoulinant sur les doigts et sucre bien croquant sous les dents, arrosées au citron… Hum ! J’en ai l’eau aux babines !

Le 14 février, cela ne me concerne pas du tout, ou du moins plus du tout ; depuis quelques années je n’ai plus de compagnon, alors je ne fête plus la Saint Valentin. Je laisse ça à maman et papa. Hier soir, ils sont sortis en amoureux, où ? C’est leur secret. Moi je suis restée à la maison tristement oubliée. Heureusement que ma grande sœur Pascale était là, j’ai eu droit à une bouchée de son hamburger Mc Do, bien gras.

Le 16 février, Mardi Gras, demain. Il paraît que c’est une fête religieuse, moi ça m’est égal, la seule chose qui m’intéresse, c’est ma gamelle : Miettes de bugnes, atomes de crêpes viendront sublimer mes croquettes… Je me régale d’avance.

Aujourd’hui nous sommes le 15 février, maman fait ces fameuses bugnes quand la sonnette de l’entrée jouant un paso doble endiablé, nous signale la venue d’un livreur. J’espionne ma maman par la porte-fenêtre de la salle à manger ; elle récupère prestement un colis qu’il lui tend.

Revenue à la maison toute guillerette, elle l’ouvre et s’exclame :

« Youpi ! c’est enfin arrivé ! Oh ! Ma Ioio comme tu vas être belle ! »

A mon nom écorché avec amour, je dresse les oreilles, elle me demande de la suivre dans la salle de bain. Elle ferme la porte et sort de la boîte en carton une sorte de peluche faite de boudins allongés et noirs. Elle m’attache cette chose par des liens noirs sous mon ventre et sous mon cou puis l’étale bien sur mes épaules, le haut de mon crâne et mon dos.  Ça me gratouille fortement et je gigote mécontente, elle, très satisfaite me contemple et s’écrit :

« Tu es magnifique ! »

Elle se lève et s’écarte.

Aaaaah ! L’horreur ! Une araignée immonde, grosse comme un veau me fixe à quelques centimètres de moi. Je hurle de terreur !

« Kaï ! Kaï ! Maman ! »

Je fais un bond en arrière, glisse sur le tapis de la salle de bain, me redresse et fais demi-tour tout en sautant en avant. 

Swiiishsh ! J’atterris dans la baignoire, je glisse et m’effondre au fond. Suis-je sauvée ? Je lève la tête regarde par-dessus le bord. Rien, enfin presque, juste maman écroulée au sol qui rigole aux larmes. Mais où est passée la hideuse bestiole ? Je sors de la baignoire et prudemment je m’approche de maman quand tout à coup ressurgit l’ignoble créature. Je vais pour exécuter une deuxième retraite quand elle me saisit par le cou et me force à regarder la glace qui se trouve derrière la porte, tout en me rassurant.

« Aller, ma grande, sois courageuse ; il n’y a rien, tu vois… »

Et là je découvre le pot aux roses. Dans la glace, je vois une Ioda avec sur le flanc une peluche tout emmêlée, imitant une araignée géante. Je regarde interrogative ma maman et alors je devine ce qu’elle nous mijote pour samedi prochain à l’école des toutous.

 

Samedi sur le terrain d’éducation canine ce sera à mon tour de rigoler. Ouaf ! Ouaf ! Mon costume d’araignée va faire fureur.

 

 

 

 

 

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E
Pauvre bête,
SPA : Soins pour la Préservation des Araignées.
À bon entendeur, salut.
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